L'utilisation de la fourrure dans la Mode

L’utilisation de la fourrure dans la Mode

Écrit par Hermann Heinrich, Consultant en Recrutement International chez Luxe Talent

Bref historique sur l’utilisation des fourrures

C’est le matériau le plus controversé de la mode: la fourrure. Alors que certains considèrent l’utilisation de la fourrure comme l’incarnation de la cruauté, d’autres y voient la matière la plus élégante du monde.

La fourrure a toujours joué un rôle fondamental dans l’histoire de l’humanité. Il s’agit en effet du premier vêtement fournissant chaleur et protection aux êtres humains. Dans l’Egypte ancienne, elle était symbole de richesse. Au point que les royautés d’Europe ont adopté des lois pour se réserver le droit d’utiliser des fourrures précieuses, de sorte qu’elles ont fini par devenir un symbole de statut plutôt qu’un moyen de protection contre les adversités météorologiques.

Avec l’apogée des stars d’Hollywood au début du XXe siècle, l’utilisation de la fourrure est devenue un symbole d’extravagance et de richesse.

C’est en 1970 que surgissent les premières polémiques contre la maltraitance des animaux et la cruauté dans la production de fourrure. Ces manifestations atteignirent leur apogée lorsque des mannequins comme Naomi Campbell posèrent nues pour le magazine PETA avec le slogan: « Je préfère être nue que d’utiliser de la fourrure ».

Il semble que, malheureusement, ce mot d’ordre ait été vite oublié, car rapidement ces mannequins sont réapparues au-devant de la scène vêtues de fourrure. En règle générale, les mouvements de protestations ont perdu de leur force depuis la fin des années 90, ce qui a permis à l’industrie de la fourrure de reprendre de la vigueur suite aux attaques subies. En 2010, elle fait sa réapparition dans la mode, et en 2015, elle est présente dans plus de 70% des défilés de mode à Milan, New York et Londres.

La cruauté de l’industrie de la fourrure

Les marchés émergents tels que la Chine et la Russie ont connu une forte croissance grâce à l’industrie de la fourrure. Alors que dans le passé la peau était principalement fournie par les chasseurs, la société moderne a développé une façon plus perverse pour l’obtenir : les animaux ne sont plus chassés ni piégés dans la nature, mais maintenus en vie, en captivité et élevés dans des cages.

La peau de vison chinoise domine le marché actuellement. Un rapport de National Geographic souligne les conditions terribles subies par les animaux. Les fermes chinoises sont généralement de petites entreprises familiales, presque sans réglementation, où les animaux sont souvent enfermés dans des cages sales exposées à des conditions climatiques défavorables, telles que le froid et la chaleur, maltraités et souffrant d’une mortalité infantile élevée. Ce qui les conduit à avoir des comportements anormaux, allant de la peur extrême à l’absence de réaction et à l’automutilation. Les fermiers rapportent également des cas d’infanticide et de difficulté à se reproduire comme d’autres signaux alarmants.

En plus du vison, beaucoup d’autres animaux sauvages qui ne sont pas habitués à vivre dans de petites cages développent des comportements extrêmes comme le cannibalisme.

Les protestations continuent de croître

Les organisations de défense des animaux essaient plus que jamais de mettre fin à la production de fourrure, mais la réalité est autre : une partie de la population mondiale portent des peaux depuis des milliers d’années et continuera à le faire, à moins que le reste de la population réfractaire à cette mode ne fassent pression sur eux, sur les marques de vêtements et les politiciens pour mettre fin à cette industrie sanglante.

Dans ce but, des organisations comme PETA, WWF ou Greenpeace font un retour en force, monopolisant de nouveaux réseaux sociaux comme Instagram, Twitter et Facebook pour sensibiliser à la férocité de l’industrie de la fourrure. Heureusement, ces mouvements ne sont pas vains : en août 2017, Vogue Paris a publié un article soulignant les avantages de la fausse fourrure, et Gucci a annoncé qu’il cesserait d’utiliser des fourrures dans ses créations et ses collections. Le débat est en cours…

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© (Edmond Terakopian/PA)

Le cuir synthétique comme une « nouvelle » alternative

Avec un peu de chance, nous allons bientôt dire au revoir aux vraies fourrures. Les techniques modernes facilitent la production de fausses peaux, principalement connues sous le nom de peaux synthétiques, difficiles à distinguer de leur équivalent « réel ». Cependant, le cuir synthétique n’est pas aussi parfait qu’il semble pour plusieurs raisons : en premier lieu, la production de cuir synthétique émet une grande quantité de déchets et de produits chimiques, ce qui entraîne une pollution de l’environnement. Certains prétendent même que la vraie fourrure est le produit le plus durable, puisque les animaux sont une «ressource durable», alors que le plastique n’est pas biodégradable. En outre, PETA a découvert que les peaux synthétiques peuvent également contenir de vrais cheveux. Par exemple, les produits en provenance de Chine ont tendance à contenir des échantillons de peau de raton laveur, car les élever et les tuer coûte moins cher que de produire des peaux synthétiques. On peut se demander pourquoi le manteau de fourrure est assimilé à un produit de luxe si son équivalent synthétique est encore plus cher à fabriquer ?

La suprématie humaine comme axe du débat

Un argument très répandu utilisé par les partisans de la fourrure est que sa production n’est pas différente des autres formes d’élevage de masse où les animaux sont finalement tués pour répondre aux besoins de l’humanité.

Cette affirmation est fausse pour deux raisons. Premièrement, alors que la viande et les autres produits de l’élevage sont encore un facteur important pour la survie de nombreuses personnes à travers le monde, le logement et les vêtements modernes offrent suffisamment de possibilités. Par ailleurs, la plupart des organisations qui luttent contre l’utilisation de la fourrure révèlent également les circonstances de l’élevage en masse. PETA, WWF, Greenpeace et leurs homologues ont démontré à plusieurs reprises que ces pratiques sont très courantes dans l’industrie. Beaucoup de personnes, surtout dans le monde industrialisé, réalisent les souffrances auxquelles les animaux sont soumis afin de nous fournir des produits de base. C’est pourquoi de plus en plus de personnes décident d’acheter des produits écologiques et durables. La tragédie est que certains ne font souvent pas la différence entre la production de nourriture, un besoin fondamental à la survie humaine, et la mode.

Le côté positif

Après tout, la production de fourrure peut avoir un effet secondaire positif et stimuler le débat pour donner aux animaux la chance de mener une vie plus digne. Pour le moment, il semble que ce soit l’objectif le plus prometteur. Bien que certains pays de l’Union Européenne aient déjà interdit l’élevage d’animaux pour la production de fourrure, la plupart d’entre eux ont encore des réglementations laxistes. Au niveau européen également, il y a peu de réglementation, et même dans d’autres parties du monde comme la Chine et la Russie, la situation est encore pire.

Par conséquent, il semble logique que la première étape consiste à se battre pour de meilleures conditions pour les animaux.

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